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L’effarante catastrophe de la plate-forme pétrolière qui s’est produite dans le golfe du Mexique le 20 avril 2010 est un rappel frappant des risques que présentent nos systèmes énergétiques pour la sécurité et l’environnement.
Elle fait également ressortir l’importance de l’énergie pour la société moderne et la quête mondiale d’énergie qui se poursuit dans des lieux de plus en plus variés et isolés afin de répondre à nos besoins énergétiques croissants.
Parallèlement, la consommation d’énergie, qui compte pour 84 % des émissions de carbone dans le monde, menace de modifier de façon irréversible le climat de la Terre et de créer des problèmes économiques, sociaux et environnementaux sans précédent.
Des pays aux quatre coins du monde devront innover afin d’exploiter les nouvelles possibilités créées par l’adoption de modes sûrs et plus durables d’extraction, de production, de transport et d’utilisation de l’énergie.
Passer à une économie moins dépendante envers le carbone exigera un examen stratégique non seulement de la consommation et de la production d’hydrocarbures, mais aussi de toutes les sources d’énergie. Il faut examiner toutes les solutions possibles.
En tant que grand producteur, exportateur et consommateur d’énergie, le Canada ne peut pas se permettre de regarder passer le train. Trop d’emplois, de ressources et de richesses sont en jeu. La consommation par habitant au Canada figure parmi les plus élevées du monde, en partie à cause du climat froid et de l’étendue du pays, et il est peu probable, voire impossible, que notre demande d’énergie diminue avec le temps.
Le Comité sénatorial permanent de l’énergie, de l’environnement et des ressources naturelles a entrepris le 4 juin 2009 une étude exhaustive pour examiner et décrire l’état actuel et futur des filières énergétiques du Canada.
Attention Canada! En route vers notre avenir énergétique, le premier rapport provisoire du comité, met fin à la phase I de notre étude. C’est l’aboutissement de près de neuf mois d’études et de recherches, ainsi que des témoignages des principaux penseurs, établissements de recherche et autres acteurs du Canada en matière d’énergie.
Le message est clair : il est urgent de tenir une discussion nationale sur l’énergie. Le Canada a besoin dès maintenant d’une stratégie canadienne exhaustive de l’énergie durable.
Des groupes comme l’Energy Framework Initiative, la Table ronde nationale sur l’environnement et l’économie, le Forum des politiques publiques, l’Energy Policy Institute of Canada, la Chambre de commerce du Canada, l’École de l’énergie et de l’environnement du Canada, la Canada West Foundation, l’Institut Pembina et le Conseil canadien de l’énergie travaillent ou appellent à l’établissement d’un cadre commun de l’énergie qui permette aux gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux et d’autres intervenants de travailler ensemble afin de mieux coordonner les futures politiques énergétiques, économiques et environnementales du Canada afin de réduire au minimum les risques et de tirer pleinement profit des possibilités qu’offre la nouvelle économie de l’énergie.
Le rapport reconnaît l’importance de s’occuper des changements climatiques et de la fixation du prix du carbone ainsi que la nécessité d’assurer la pérennité des sources existantes et émergentes d’énergie. Il se penche également sur l’importance d’améliorer nos modes d’utilisation et d’économie de l’énergie afin de relever les défis énergétiques et environnementaux qui nous attendent, tout en augmentant la productivité économique.
Le rapport reconnaît l’importance des relations économiques entre le Canada et les États-Unis, et la nécessité d’harmoniser si possible les objectifs de nos politiques énergétiques dans l’intérêt des deux pays.
Le système d’approvisionnement en électricité du Canada est aussi examiné, y compris la possibilité d’une plus grande intégration des marchés provinciaux d’électricité. Le rapport étudie des questions de sécurité énergétique, particulièrement en ce qui concerne le maintien et l’élargissement des marchés d’exportation de l’énergie canadienne.
La nécessité d’innover et de mettre au point des technologies qui sont compatibles avec l’avantage concurrentiel du Canada est également vue comme essentielle afin de satisfaire aux objectifs économiques, énergétiques et environnementaux du Canada.
Le rapport cerne aussi des questions comme le juste équilibre à atteindre entre la construction de nouvelles infrastructures énergétiques et l’incidence environnementale qu’elles peuvent avoir sur les collectivités environnantes. Le besoin de cadres de réglementation plus efficaces et mieux pensés est également examiné.
Le rapport conclut en incitant tous les Canadiens à participer à un débat public, à cette fin, le comité sollicitera les vues et les opinions des Canadiens de chaque région du pays au cours de la prochaine année.
Pour faciliter ce processus, le comité a établi une liste de questions clés sur la façon de procéder à l’élaboration d’une stratégie canadienne de l’énergie durable qui servira à formuler les recommandations du rapport final du comité prévu en juin 2011.
Ce rapport provisoire est une œuvre en chantier. Par conséquent, il ne contient pas de recommandations. Il ne définit pas tous les enjeux, mais se veut plutôt un aperçu préliminaire des principaux enjeux à prendre en considération en vue d’élaborer le cadre d’une politique pour une énergie durable au Canada. Son but est de jeter les bases d’un débat national sur l’énergie et sensibiliser la population canadienne à l’urgent besoin de se doter d’une nouvelle stratégie énergétique plus intelligente.